La digitalisation des RH devient incontournable pour les PME

La digitalisation des RH devient incontournable pour les PME

Directeur général adjoint en charge des ressources humaines chez Visiativ, Grégory Jourdan revient, pour le blog Moovapps, sur la transformation numérique appliquée aux RH. Il affirme que celle-ci apparaît, de plus en plus, comme une évidence pour les dirigeants des PME. Et ce d’autant plus que la crise sanitaire est passée par là…

La transformation numérique des ressources humaines est une démarche qui concerne de nombreuses entreprises. On imagine qu’avec le Covid-19, celle-ci a connu une certaine accélération…

C’est très clair ! Elle est passée de « Pourquoi pas ? » à « C’est impératif ! » dans l’esprit des responsables RH. Il ne faut cependant pas oublier que dans les PME, le DRH c’est surtout le dirigeant. La transformation numérique appliquée aux ressources humaines se heurtait, de fait, à l’idée qu’elle serait réservée aux grandes entreprises et groupes. La crise sanitaire a quelque peu bousculé les choses.

C’est-à-dire ?

Dans le cadre de la crise et du développement du télétravail qui en a résulté, il a fallu gérer quelle que soit la taille de l’entreprise, les mesures de chômage partiel, les éventuels congés, les salaires, le pilotage du cash, parfois même l’expérience collaborateur… le tout à distance, et sans possibilité de faire autrement. Les solutions digitales sont alors apparues comme une évidence dans de nombreuses PME, qui se sont « alignées » sur ce dont les grands groupes disposaient déjà.

Les PME sont donc prêtes à se lancer dans la transformation digitale de leur fonction RH ?

Ça dépend forcément des dirigeants : il faut qu’ils y trouvent leur compte et leur intérêt. Certains ont d’autres priorités, ou ne voient pas encore la fonction RH comme un élément stratégique de leur entreprise. Cependant, aujourd’hui, le marché, même avant la crise, les met face à des problématiques dignes des grands groupes. Et parmi celles-ci, les RH deviennent incontournables.

Quel est le meilleur argument à opposer à ceux qui ne voudraient pas se lancer dans la transformation numérique de la fonction RH ?

C’est simple : si le manager passe beaucoup de temps à s’occuper de la fonction RH, il ne passe pas de temps à faire autre chose. Ses compétences ne sont pas utilisées pour ses fonctions opérationnelles et managériales, et il risque de se disperser dans des tâches qui n’ont pas forcément de valeur ajoutée. J’ajoute qu’avec les solutions digitales, une PME avec un service RH limité en effectif peut apporter un service plus stratégique et à haute valeur ajoutée, qui aurait normalement nécessité une augmentation des effectifs. Il suffit d’un bon outil pour être plus agile, plus réactif. Enfin, j’insiste : la transformation numérique appliquée aux ressources humaines n’est plus réservée aux grandes entreprises et groupes, les outils sont dimensionnés pour les problématiques des PME (fiches de paie, gestion des absences, envois de documents…) et répondent aux besoins du quotidien.

Et du côté des collaborateurs ? Quel retour font-ils de l’utilisation de telles solutions ?

Il y avait une crainte, celle qui voudrait que le digital va remplacer le contact humain. Aujourd’hui, on se rend bien compte que non, au contraire. La transformation numérique a, en effet, pour objectif de libérer du temps, du côté du collaborateur comme du manager. L’idée, et elle me semble bien comprise par les collaborateurs, c’est qu’avec quelques outils bien calibrés, tout le monde a l’esprit plus disponible pour travailler sur des dossiers vraiment importants. Ce qui n’exclut en rien les interactions réelles : elles se concentrent sur ce qui compte pour l’entreprise. De plus, on s’aperçoit que les collaborateurs aujourd’hui veulent retrouver l’agilité de la vie quotidienne moderne (pour des choses simples, comme commander à manger, réserver une place de cinéma, fixer un rendez-vous, le tout via une application) dans leur entreprise (pour poser un jour de congé, télétravailler…). Si cela passe par des outils, ils sont tout à fait prêts à les adopter.

Cela nécessite de la formation ?

Bien sûr, mais rien de significatif : les outils digitaux, notamment ceux que nous proposons avec Moovapps, sont faits pour être intuitifs, faciles à utiliser. En entreprise, on n’a pas pour vocation à avoir des outils compliqués, lourds, complexes. Ils sont conçus pour être intuitifs : on montre une fois, deux fois comment ils fonctionnent, puis n’importe qui, ou presque, peut travailler en autonomie avec. Ce sont aussi des outils pensés sur un mode évolutif, avec des fonctionnalités ajoutées ou retirées par tuiles : il n’est pas obligatoire d’utiliser toutes les tuiles d’un coup, on peut le faire petit à petit, sur 2 ou 3 ans, en fonction des besoins et de l’aisance de ses équipes avec les outils digitaux.

Quelles sont les prochaines innovations attendues en matière de digitalisation des Process RH ?

Je crois que l’expérience collaborateur va rester au cœur de tout, et constituer le point central de la digitalisation des RH, avec la nécessité de mieux gérer encore la communication, la collaboration et la coordination des équipes. Pour les PME aussi, cela va d’ailleurs devenir un argument de recrutement. Il s’agira aussi de leur rendre accessible la gestion des talents, un élément important pour la compétitivité.

 

À PROPOS DE GRÉGORY JOURDAN
Directeur Général Adjoint Ressources Humaines – Visiativ

GRÉGORY JOURDAN Directeur Général Adjoint Ressources Humaines - Visiativ

Après avoir étudié le Management des Ressources Humaines à l’Université de Portland aux États-Uniset obtenu un Master à l’ESDES, Grégory débute sa carrière en 2007 au sein de Cegid puis il rejoint Emerson en 2010 en tant que Directeur des Ressources Humaines France pour la division Network Power aujourd’hui Vertiv. Il y restera 10 ans durant lesquels il occupera les fonctions de Directeur des Ressources Humaines Europe Moyen-Orient et Afrique ou encore Directeur des Ressources Humaines Monde pour la Business Unit Industrial Systems.